Oradour sur Glane : un jour, tout s’est arrêté !

Photos OC

Pour commémorer la première guerre mondiale, la seconde, des catastrophes, des événements souvent dramatiques, des lieux de mémoire ont fleuri en France. Une poignée d’entre eux sont, à ce point, chargés d’histoire qu’on les croirait habités, comme peuplés de fantômes. Le village d’Oradour sur Glane en Haute-Vienne en fait incontestablement partie. Si vous passez vos vacances en Limousin, cette visite est quasi-obligatoire.

Le 10 juin 1944, en début d’après-midi, une unité de Waffen SS appartenant à la division SS « Das Reich », qui remonte vers la Normandie en renfort, entre dans la petite commune d'Oradour sur Glane située à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Limoges. La veille, les mêmes soldats avaient pendu 99 personnes à Tulle. Les hommes sont séparés des femmes et des enfants. Les premiers sont répartis dans différentes granges et les seconds enfermés dans l’église. Vers 16 heures, une explosion dans l’église donne le signal des exécutions et quelques heures plus tard, 642 personnes seront massacrées. Il n’y aura que 6 survivants. En mars 1945, lors de sa visite, le Général de Gaulle décrète qu’Oradour sera reconstruit ailleurs et que les ruines deviendront un lieu de mémoire.

Un outil pédagogique… pour essayer de comprendre

La commune est entourée d’une enceinte et durant 50 ans, les ruines sont laissées en l’état avec pour seuls rappels quelques panneaux rappelant le nom des habitants de chaque maison et la fonction de chaque bâtisse : boulanger, forgerons, école, etc. Au fils des ans, disparitions des témoins aidant, le message délivré par les ruines devenait de moins en moins lisible. De fait le conseil général de la Haute-Vienne, l’Association Nationale des Familles des Martyrs et la municipalité d’Oradour décident d’inscrire le village martyr dans un projet global et de le compléter par un « instrument pédagogique » destiné à permettre de comprendre ce qui a mené au drame du 10 juin 1944. Le Centre de la mémoire est né de cette réflexion. Il est inauguré le 16 juillet 1999. C’est un équipement culturel dit « d’interprétation » : une histoire que l’on raconte en donnant des éléments pour essayer de comprendre ce drame.

Un sas vers l’indicible

Désormais, la visite d’Oradour se fait en deux étapes. La première, celle du Centre de la Mémoire, est une exposition permanente en cinq chapitres. Elle montre et prouve que ce qui s’est passé le 10 juin 1944 n’avait rien d’un hasard mais, au contraire, était le fruit d’une volonté délibérée de semer la terreur et une opération murement réfléchie et préparée jusque dans les moindres détails.

Ensuite, forts de toutes les informations recueillies, vous arriverez aux portes du village. Vous parcourerez des rues peuplées de fantômes, découvrirez les témoignages d’une vie qui s’est arrêtée d’un coup : restes d’une poussette dans l’église, machine à coudre sur le rebord d’une fenêtre, pièces de fer attendant d’être transformées en socs de charrues chez le forgeron, etc. Vous parlerez à voix basse et souvent les yeux vous piqueront sans que le pollen y soit pour grand-chose. En tout état de cause, jamais vous n’oublierez cette visite.

Le Centre de la Mémoire pratique

Le centre de la mémoire est ouvert 7 jours sur 7 du 1er février  au 15 décembre inclus.

Du 1er février au 28 février : de 9h à 17h
Du 1er mars au 15 mai : de 9h à 18h
Du 16 mai au 15 septembre : de 9h à 19h
Du 16 septembre au 31 octobre : de 9h à 18h
Du 1er novembre au 15 décembre : de 9h à 17h

Tarifs

Exposition permanente

Tarif individuel : 7.80 euros 

Forfait famille (2 adultes + 2 enfants ou plus) : 22 euros
Tarif réduit : 5.20 euros

 

Pour en savoir plus http://www.oradour.org

Témoignage de Robert Hébras

Robert Hébras est un des deux derniers survivants encore vivant. Très régulièrement, il fait visiter Oradour à des élèves. 72 ans après, il reste hanté par cette journée. Un moment d’une force incroyable. https://www.youtube.com/watch?v=pTR7hkf3A8s

 

publié le : 13/06/2016
par : Olivier Cottier

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